Fantastic evening(s)
Par Moummoune le mercredi 11 mars 2009, 00:24 - Le quotidien - Lien permanent
Je préviens c'est long mais intéressant !!! (sauf le début)
Y'a des jours comme ça où il suffit qu'une chose ne se passe pas comme elle aurait due pour que ça entraîne une cascade d'évènements non prévus et qui vous font passer un moment absolument génial.
Hé oui je ne fais pas que gueuler ou être triste sur mon blog, car ce soir je suis super contente.
L'évènement qui n'a pas eu lieu, c'est mon cours de 18h à 20h qui a été annulé. Conséquence, je me dirigeais vers la maison quand je dis comme ça à 2 potes de la fac "hé si je me faisais un cinoche". Au final ils m'accompagnent, direction odéon. Malheureusement ou heureusement, il n'y a pas de séance. Dans le groupe les 2 nanas gourmandes comme elles sont proposent d'aller se faire une glace Berthillon (j'aime Paris !!!) donc va pour une glace au chaud à déguster les saveurs : abricot, chocolat noir, nougat au miel, noisette, passion et j'en passe sans oublier la chantilly ( et ouep it is so GOOD !!!)
Après la glace, direction les Halles pour finalement se faire ce ciné. Et hop les tickets sont pris pour voir le film "La vague". Je me mets à râler en rentrant dans la salle car plein de sièges sont réservés, et pourtant il n'y a pas d'avant première ce soir. Quelques minutes après on répond à mes interrogations quand une équipe se présente au public, parmi un journaliste, une avocate des affaires internationales, le président d'SOS racisme, le représentant d'une association d'aide au Darfour et le plus important l'homme qui a réalisé l'expérience avec des élèves aux USA et qui a inspiré l'auteur de ce film. J'ai nommé Pr Ron Jones.
Le film débute et du début jusqu'à la fin, je suis à fond dedans, je vis le film, il est très bien réalisé et c'est incroyable de se rendre compte que finalement l'autocratie, la dictature peut refaire surface même parmi les meilleurs d'entre nous et surtout que la ligne est très facilement franchie.
Le synospsis rapide du film : un professeur d'histoire, allemand, pendant une semaine doit enseigner à ses élèves ce qu'est l'autocratie, il décide de rendre ce cours animé en faisant jouer un rôle aux élèves, en instaurant de nouvelles règles pour qu'ils découvrent par eux même comment fonctionne et de quoi à besoin une dictature pour fonctionner... La suite vous allez payer votre place au cinoche non mais !!!!
Wawouw, on est resté scotché dans notre siège, paniqué par ce qu'on avait vu et touché par la belle représentation à laquelle on venait d'assister. Et pendant plus d'une demi heure s'est instauré un dialogue entre ce Mr Ron Jones et le public pour parler de cette expérience qu'il avait réalisé aux USA il y a maintenant 50 ans et qui est et sera toujours d'actualité. Bien entendu j'ai pris la parole, en english of course pour demander pourquoi il avait décidé de faire cette expérience et il a répondu "Je suis un homme d'expérience, j'ai étudié avec des élèves l'apartheid en bloquant l'accès aux toilettes à un groupe d'élève, j'ai étudié le capitalisme en faisant vendre à des élèves par des élèves des confiseries ou autre fournitures, j'ai étudié le socialisme en ..." D'autres personnes ont aussi posé des questions pertinentes comme "est-ce qu'il referait cette expérience ? et il a répondu que non, plus jamais car il avait franchi la ligne, ses élèves avaient franchi la ligne à ne pas dépasser.
Bref j'ai passé un moment absolument génial, j'ai appris des choses super intéressantes, j'ai passé un super moment avec deux personnes très sympas, j'ai rencontré ce monsieur qui me fascine il faut le dire et je vais de ce pas lire les témoignages de ces élèves qui ont participé à cette expérience il y a 50 ans. Il faut quand même savoir que sur 27 personnes qui ont initialement commencé cette expérience, il y a avait au bout de 5 jours 300 adhérents à cette nouvelle communauté et une seule personne opposée à ce mouvement. C'est quand même hallucinant.
C'est un énorme débat et si vous voulez en parler ici je ne suis pas contre du tout au contraire !!
Tout d'abord c'est flippant de voir qu'appartenir à une communauté réduit à néant les signes d'individualité, qui au final ont tout de même du positif. Flippant de voir que si on ne veut pas appartenir à cette communauté on est exclu. Et pour finir ce qu'il y a de plus flippant est que dans ce film les choses vont loin donc on est scandalisé mais merde, ça arrive dans la vie de tous les jours d'être exclu d'un groupe parce que tu n'es pas comme ci ou comme ça, parce que tu n'as pas les mêmes avis ou autres.
Stoppez-moi sinon je vais passer la nuit à parler... Bon ok je finis sur une phrase que mon prof de philo avait dit quand j'étais en terminale et que je trouve parfaitement vraie et j'en parle car bien entendu ce film reflète grandement ce qu'Hitler a fait vivre au monde entier "Ce n'est pas l'homme qui crée l'Histoire, c'est l'Histoire qui crée l'homme". C'est à dire qu'il faut que des conditions (problèmes sociaux, économiques, culturels...) soient réunies afin que l'homme laisse son empreinte dans l'Histoire.
Voilà j'ai fini :)
Pour les curieux le lien du site de ce Mr Ron Jones : Ron Jones Website
Commentaires
J'ai l'intention de voir le film après avoir lu le livre. Je trouve le sujet intéressant car facile d'en arriver là.
Si tu le souhaite je te le passe.
@THX : je veux bien en effet, j'avais l'intention de le lire ce livre :)
Oui quand j'ai lu le résumé de ce film, je me suis dit qu'il fallait que je le voie absolument, au risque d'être choqué.
Car quand on parle du nazisme, ça fait peur. On se dit que c'est horrible, que "nous", on aurait jamais adhéré à ça, et que c'est dingue que autant d'allemands aient "laissé faire" si ce n'est "participé".
Sauf que les gens qui y ont adhéré, à cette idéologie, n'étaient pas foncièrement mauvais, pas plus que toi ou moi, ou lui. Ils se sont laissés emporter par le collectif, l'idéologie d'un homme, d'un pays...
Et ça peut tout à fait se reproduire, surtout en situation de crise.
D'où l'intérêt de ce film, de montrer à quel point on peut vite plongé, aveuglé par tout un tas de chose, dans l'horreur.
Et comme tu le dis, si ici l'exemple est extrême, dans la vie de tous les jours on en voit aussi des attitudes un peu du même genre.
J'ai souvent été exclue car trop timide, trop douée en classe, trop sérieuse, etc... Les gens ont tous besoin de dénigrer les autres, du moins "quelques autres", par jalousie parfois, par rancoeur, ou aussi parce qu'ils se sentent mall dans leur peau, et que cela les rassure, qu'il y ait des gens moins bien qu'eux, qu'ils peuvent tourmenter, chahuter, et dont ils peuvent se moquer ouvertement, sans que personne ne bronche.
C'est la dure loi de la vie.
Et si ajd cela ne m'atteint plus, ça m'a au moins servi à une chose: réaliser qu'il n'y a pas de gens mieux ou moins bien. Il y a des différences, de culture, de savoir, d'origine, de caractère. La seule chose qui nous rendent mieux que les autres, c'est de ne pas tomber dans la bassesse de se croire supérieur, ou juste mieux que tel ou tel autre.
Chaque vie a son histoire, son passé, qui fait que la personne va réagir de telle ou telle façon, ne pas être capable de faire ci ou ça, être plus courageuse, ou plus fragile, mais jamais on ne peut dire qu'elle en sera "moins méritante", ou moins "bien" qu'une autre.
Je ne juge plus ajd que les gens, qui sont méchants par égoïsme, ou paresseux par égoïsme aussi, c'est rare mais cela existe. Et je me dis même, en me souvenant de mes "bourreaux" d'enfance... les pauvres... ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, et avaient besoin de me rejeter, pour se sentir plus appréciés. C'est dommage.